Mario fuck Peach

 

 

(Les aventures qui vont suivre sont sans lien avec les posts précédents. La Côte d'Azur regorge d'histoires intéressantes et salaces. Il en faut pour tout le monde! Toute ressemblance avec des faits réels n'est aucunement fortuite, mon contrat m'impose de mettre en lumière la décadence de personnes bien vivantes, voire de leur mettre un peu la honte... Chacun son tour!!!).

 

          Elle était plutôt jolie, finalement. Dans cette comédie codifiée que constituent les rituels pré-accouplements des humains citadins, la première soirée où on se chauffe est sans conteste un des moments les plus excitants. Et les plus chiants. Je pensais pourtant qu’à l’approche de la quarantaine, les femmes savaient ce qu’elles voulaient et avaient laissé tomber les jeux stupides pour se consacrer directement à l’essentiel. Mais une gonzesse mature reste une gonzesse, et c’est ma nature de mâle en déficit sexuel prolongé qui s’exprimait, là. Donc allons-y pour la « trique sèche », les embrassades maladroites et tous les tests de rigueur.

 

           Sur les conseils d’amis bien intentionnés, je m’étais finalement inscrit sur la foire aux bestiaux du 21ème siècle, à savoir les sites de rencontre. J’avais opté pour « Adopte ma Bite.com », après des récits de succès de potes aussi horripilants qu’intrigants. Les récits, pas les potes (encore que…).

 

            Les premiers jours, j’ai eu la désagréable sensation de m’être fait enfiler de 30€. Aucune réponse à mes charmes, aucune visite de mon profil, comme en plus je suis difficile question gonzesses et que je ne pouvais que difficilement me déplacer, c’était bien parti pour que je laisse tomber assez rapidement. Puis cette fille m’a abordé, sans que je ne lui demande rien… Photo prometteuse, bonnet C, à fond sur les métalleux (ce qui explique qu’elle ait finalement atterri sur mon profil), je me suis dit que j’avais condamné ce site un peu trop vite. Echange de numéros, et une bonne centaine de textos plus tard, je me retrouvais à l’attendre au chinois du coin. Certes, les restaus japonais fleurissaient sur la Côte d’Azur et ça fait moins fauché, mais j’étais justement à sec et il n’est inscrit nulle part dans la loi que les râpés n’ont pas droit au sexe. Donc je me retrouvais à l’attendre au milieu des odeurs de canard laqué en présence du seul noir sur Terre qui arrivait à avoir un accent chinois impeccable au téléphone. Respect, gros.

 

            Son arrivée fut aussi théâtrale qu’une partie de scrabble, je me suis aperçu de sa présence qu’une fois qu’elle m’avait tendu la joue pour me dire bonsoir. Bon, déjà elle était assez similaire à sa photo de profil, mamelles comprises. Bonne pioche en fait. Un corps d’actrice de X (catégorie « milf »), un regard transpirant le bovinisme intellectuel, une voix d’hôtesse de téléphone rose… Parfaite pour un footing de reprise. Une portion de bœuf aux champignons noirs plus tard, il devint évident que la tension montait en flèche, elle me complimentait une phrase sur deux. Sur mes yeux (marrons et quelconques au possible), sur ma bouche (très sensuelle si on excepte mes dents en vrac), sur mes cheveux (rasés), je subodorais que la seule partie de mon anatomie qui l’intéressait était justement la seule qu’elle ne pouvait pas (encore) contempler. Je l’invitais donc à prendre un verre, après avoir réglé la note. Certes, on enfilait les clichés comme Rocco ses partenaires, mais elle ne semblait pas s’en formaliser. Les femmes sont prévisibles autant que les hommes sont stupides.

 

            Bon point pour elle, elle aime la vodka. Une boisson pour les vrais, pas comme le Jack Daniel’s de ces connards du centre ville. Les langues se délient après quelques verres, et la sienne commençait à danser sur ses lèvres tel un petit ver sur un putain de gros hameçon. Coup de chance, j’étais tout à fait en mesure d’être ferré à ce moment là. Interminable soupe de langue infecte. Puis un câlin plus intime à travers ses vêtements curieusement moulants qui pourtant semblaient avoir l’épaisseur d’une armure de plates… J’avais de plus sorti les bougies et évité de mettre Slipknot en fond sonore. Un sans faute.

 

            Mais après plus d’une année sans contact direct avec une femelle, le résultat, tandis qu’elle se frottait chaleureusement sur mon bélin, était que je pouvais difficilement résister à l’envie de me servir une Absolut. Bon, j’en avais déjà bu 4, je devais pouvoir attendre la fin de la récréation…

 

            Et là, je ne sais pas ce qui lui a pris, elle m’a serré fort dans ses bras avant de me fourrer sa langue au fond de l’oreille. Au fond de l’oreille. Mais what the fuck??? Pourquoi elle a fait ça? Quelle pensée pervertie par son cerveau malade a pu lui faire imaginer que j’allais aimer ça ? Quel instinct décadent résultant de vingt générations consanguines a finalement abouti à ça ?

 

            Ok, je me suis un peu emballé. Je la laissais donc terminer son œuvre de frottage intensif (à se demander comment je n’ai pas eu plus d’irritations suite à cette séance de torture) avant de m’atteler moi aussi à tenter de percer ses défenses avec mes doigts, l’humide expression de l’excitation croissante de cette créature m’interdisant toute tentative buccale… Le résultat de cette intéressante séquence a été une dizaine d’importantes taches blanchâtres sur mon canapé, dont la forme très « art contemporain » a eu un curieux effet hypnotique sur moi avant que le troisième lavage en machine n’ait finalement eu raison de ces miasmes.

 

            Elle était fin prête… Et moi aussi, qu’on en finisse !!! Seulement j’avais négligé un aspect important que tout homme qui est resté suffisamment en couple a fatalement fini par oublier : la première fois, il faut mettre une capote. Damned ! Il faudra un jour qu’on explique aux jeunes qui attendent leur première fois que mettre un préservatif, c’est la mort. Et ne pas en mettre, ça peut être la mort (mais au sens propre, là). Donc je me décidais à y aller. Ca ne devais pas être si difficile…

 

            Bon, ben ce serait pour la prochaine fois. Comme de nombreux produits vendus en pharmacie, les préservatifs ont un effet secondaire désagréable quand on les mélange à de l’alcool : impuissance, crise de nerf, clope. Et mesdames, une bonne fois pour toute, c’est encore pire quand vous nous murmurez gentiment : « c’est pas grave tu sais… ». Je n’insistais pas plus que ça, toute tentative d’auto-réanimation de la bête m’évoquait un babouin en rut et j’ai assez de respect pour moi-même pour ne pas prolonger les situations qui me rendent ridicule. Non mais.

 

            La dame en question eut tout de même la bonté de terminer le travail manuellement, ce qui démontre une vraie volonté de bien faire, à défaut d’élégance.  Et elle eut de même la délicatesse de ne pas se vexer alors que je m’endormais en environ une dizaine de seconde… Comme quoi un canapé tâché n’est pas forcément égal à une soirée gâchée…